PAON PLUME

23 octobre 2010

3

I FALL IN LOVE WITH THE FIRST CUTE GUY THAT I MEET.

Je voudrais lui en vouloir, comme d'habitude. Mais il a raison, alors c'est tout. Je ne vivais pas, ou mal en tout cas. Vivre pour de vrai c'est bien mieux. Je le faisais en alternance presque par procuration. Vivre seule et pleinement, c'est la vrai vie. Ça m'aide à oublier, oublier la personne que tu as été et que tu es. Ça m'aide à oublier que tu as réellement eu une place, très grande, la place. Les promesses, celle que je ne tiens pas ce soir, et tant pis. Je t'aimais très fort, j'ai plus rien écrit sur le papier après ça. La colère, j'ai oublié de la déverser, seule. Et pourtant, c'était les évènements que je grignotais, que je notais, qui me plaisaient dans le drame qu'ils représentaient. Et celui là, pas un sous de papier. Pas un sous de colère seule sur du papier. Ça découlait naturellement, comme si je m'y étais préparée avant même que ça ne commence. Il fallait que ça finisse, et ça finirait forcément mal. Alors maintenant, je n'ai plus que de doux souvenirs. Je suis calme. Adieu. Tu m'as apporté, déporté, grignoté, ravagé, libéré.  Merci. Au revoir. J'ai pris une autre voiture. Et quand je pense à toi, à présent, tu deviens petit minuscule. 

Alors je commence à aimer mieux les autres garçons. 

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20 octobre 2010

DEUX

Mercredi 20 octobre, je t'aime. 

J'aime les gens, les passants. Ils me regardent, ils s'arrêtent, ils continuent leurs chemins et parfois reculent. Certains me demandent ce que je fais là et pourquoi. Certains prennent des photos, me disent que c'est beau. Puis c'est même pas une question de compliment, le vrai truc c'est que je trouve beau cette façon timide d'être interloqué, stupéfait et de demander ce que c'est. Comme un enfant. Et quand je vois qu'ils n'osent pas trop je leurs souris. - Je savais pas faire ce genre de choses avant, j'apprend. J'apprend à aimer les gens, à aller les voir, les connaitre un peu. J'apprend à ne plus me dire que je suis moins bien. Tout en restant moi même aussi - chassez le naturel et il revient en ferrarri de toute façon -. Parfois je me déplais encore avec ma spontanéité à deux balles. Mais je m'aime mieux. Ça faisait deux bonnes années que je n'avais plus vécu. DEUX. C'est énorme, vivre sans intensité, vivre sans pouvoir/vouloir faire le compte de la journée, sans se dire que cette journée bordel, que cette journée elle était bien (même avec son lot d'ennuis).

Empreinter les plaques au sol ça me plait, beaucoup. C'était comme être ailleurs, je ne connaissais plus la ville. J'étais seule, et j'aimais le monde autour. Il m'aimait aussi je crois. J'avais été triste, j'en avais voulu à quelques personnes le matin même. Cette manie qu'ils avaient d'être mon moi d'autrefois. Ça me laissait là, sur le cul. Mais être là par terre, les genoux dans la boue ou presque. C'était comme une purgation de petites rancoeurs. J'étais, j'aimais. J'avais pas reçu mon colis, tant pis. Il y avait une autre table à côté, tant mieux. Celle de qui? Ah oui.

J'ai vraiment beaucoup de chance aujourd'hui. 

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UN

Il est beau, il est très beau. Je l’aime en entier. Tout. De l’ébouriffage contrôlé de ses cheveux à sa pomme d’Adam. De son teint blafard à sa nonchalance, de sa façon de toujours tenir une bière, à la fumée de sa clope qui passe jusque derrière son cou. J’aime deviner son dos, long. L’écouter forcer son pouce sur le briquet. La façon dont apparait son torse lorsqu’il retire son pull, comme un garçon. Lorsqu’il remet ses lunettes sur son nez aussi. Sa voix, grave et sa façon de ne rien dire. De me regarder et de ne pas me regarder. Il n’est pas beau. Ce n’est pas son intérieur qui me plait, je ne le connais même pas.  J’aime surtout l’indifférence qu’il me porte. Pas plus à moi qu’une autre. Juste cette façon de ne m’accorder aucune importance. Ni plus ni moins. Je suis à l’affut de chacun de ses traits, de sa présence. Et je voudrais être belle comme lui, sans le faire exprès. Etre beau au féminin. Il n’est pas question d’amour. C’est du désir. Je n’ai jamais éprouvé ça pourtant, jamais pour un garçon. Ni pour une fille quand j’y pense. C’est le premier homme, le premier Homme avec un grand H que je désire.

Je le désire mais je ne le veux pas, ce que j’aime dans notre relation. C’est qu’on n’en a pas. Qu’on se voit tous les jours, presque tous les soirs aussi mais qu’il n’y a rien. C’est la tension d’un néant sans en être un. C’est vouloir être impassible quand je ne sais pas l’être. C’est avoir envie de le toucher sans le pouvoir. 

C’est ça de désirer dans son coin, ça nous rend tout drôle et  interdit.

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